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Salon Digital Workplace 2026 : l’IA partout, les fondamentaux nulle part ?

Le Salon Digital Workplace 2026 a affiché l'IA partout, mais la réalité des organisations est bien plus nuancée. Entre gouvernance documentaire en chantier, souveraineté mal comprise et adoption culturelle négligée, les vrais freins ne sont pas technologiques. Ce que révèle ce retour terrain donne à réfléchir.

Sommaire

J’ai passé deux jours au Salon Digital Workplace 2026, les 8 et 9 avril. Plus de 25 ateliers et tables rondes, des éditeurs venus pitcher leurs nouveautés, des praticiens qui témoignent. Le mot « IA » figurait dans presque chaque intitulé du programme. Difficile de ne pas le remarquer. Mais entre le marketing ambiant et les vraies transformations à l’œuvre, le fossé reste large. Voici ce que j’en retiens, du point de vue d’un consultant qui accompagne des organisations depuis une dizaine d’années sur leur Digital Workplace au quotidien.

Le marché de l'IA pour l'expérience collaborateur : attention aux chants des sirènes

Les éditeurs ont joué le jeu à fond. Jalios lance en avant-première sa v11 de Jalios Workplace. LumApps confirme son positionnement sur les grandes organisations clientes Microsoft. Jamespot, qui a racheté Safebrain il y a quelques mois pour densifier son offre autour d’une IA souveraine dédiée au collectif, présentait ses cas d’usage. Jint, anciennement Mozzaik365, complétait le tableau.
Sur scène, l’IA était omniprésente. Sur le terrain, c’est plus nuancé.
Les vraies intégrations qui touchent l’ensemble des utilisateurs, au-delà du chatbot posé en surcouche sur un intranet, restent peu nombreuses. Beaucoup d’organisations en sont encore à tester, à cadrer, à chercher leurs premiers cas d’usage représentatifs. Ce n’est pas un échec : c’est la réalité d’une adoption qui prend du temps.

De l'IA générative à l'IA agentique : une bascule rapide pour certains métiers

Sur ce point, le Salon était plus instructif. Plusieurs ateliers ont montré que certains métiers, ceux qui ont sauté le pas tôt, vivent déjà une deuxième phase. L’IA ne rédige plus seulement : elle commence à agir, à enchaîner des tâches, à interagir avec d’autres systèmes sans intervention humaine entre chaque étape.
C’est le passage de l’IA générative à l’IA agentique. Et pour les organisations qui ont posé de bonnes bases (données structurées, gouvernance documentaire en place, usages définis), cette bascule peut aller vite. Trop vite pour celles qui n’ont pas encore stabilisé leur socle.
La table ronde inaugurale posait d’ailleurs la bonne question : quel juste équilibre entre l’humain et l’IA ? La réponse honnête, c’est que cet équilibre ne se décrète pas. Il se construit par l’usage, par l’expérimentation encadrée, par le retour terrain des collaborateurs.

Souveraineté des données : le vrai sujet derrière le mot valise

La souveraineté a été l’autre grand thème du salon. Et là, j’ai un point de vue assez tranché.
On parle beaucoup d’alternatives souveraines. Mais aucune n’offre aujourd’hui l’intégration native qu’apporte l’écosystème Microsoft à iso-périmètre fonctionnel et d’expérience utilisateur. La vraie question n’est pas « comment remplacer Microsoft », mais plutôt : comment négocier des cadres contractuels et techniques solides, clauses de localisation des données, chiffrement géré côté client, enclaves sécurisées, pour travailler avec Microsoft dans des conditions acceptables ?
Pour les grands groupes qui ont déployé M365 à l’échelle mondiale avec des années de conduite du changement derrière eux, le coût réel d’un switch vers une alternative souveraine n’est pas seulement technique. C’est humain, organisationnel, culturel. Et on n’a pas encore de retours d’expérience suffisamment documentés pour trancher sérieusement.
Il y a un autre sujet que personne ne dit vraiment tout haut : beaucoup d’entreprises parlent de souveraineté IA alors qu’elles n’ont pas stabilisé leur gouvernance M365. Pas de classification des données opérationnelle, des accès non maîtrisés, des politiques DLP encore en chantier. On met la charrue avant les bœufs.

Copilot et le risque que personne ne veut regarder en face

Le déploiement de Copilot M365 a cristallisé un sujet concret lors du salon. L’IA ne crée pas de nouvelles failles : elle expose celles qui existaient déjà. Un collaborateur accède via Copilot à des documents qu’il n’aurait jamais trouvés en naviguant manuellement dans SharePoint. Pas parce que les droits sont mal configurés en théorie, mais parce que la gouvernance documentaire n’a jamais été vraiment appliquée.
Avant d’ouvrir les vannes, les organisations doivent auditer leurs permissions, leurs classifications, leurs pratiques de partage. C’est un travail ingrat, c’est le préalable.

L'adoption avant l'outillage : le rappel que personne ne veut entendre

Le Digital Workplace, ce n’est pas qu’une infrastructure. C’est aussi du changement, de l’accompagnement, de la formation. Le premier frein à l’usage de l’IA en entreprise n’est pas technologique : c’est culturel. Le shadow AI en est la meilleure illustration. Des collaborateurs utilisent ChatGPT avec des données clients, sans aucun cadre, parce que les outils internes ne répondent pas à leurs besoins ou qu’ils ne savent pas qu’une alternative existe.
Gouverner les usages avant de gouverner l’hébergement : voilà ce que devrait prioriser la plupart des organisations que je croise. Pas l’inverse.

Deux jours denses. Un marché qui bouge vite, parfois trop vite pour ses propres utilisateurs. Ce que je retiens surtout : les organisations qui tireront vraiment parti de l’IA dans leur Digital Workplace sont celles qui auront d’abord posé les bonnes bases. Données disponibles, gouvernance claire, usages définis, coûts et réversibilité anticipés. Pas celles qui auront déployé le plus vite.
Si vous travaillez sur ces sujets et que vous souhaitez en discuter, les équipes d’Idaos sont disponibles pour un échange sans engagement.

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